Le tailleur cintré glissait parfaitement sur mes épaules. La jupe droite moulait mes hanches avec une précision surprenante. Assis dans le fauteuil du salon, j’observais mon reflet dans le grand miroir tandis que Laure, vingt-cinq ans, ajustait le col de la veste. Elle avait insisté pour que nous choisissions cet ensemble gris anthracite plutôt que la robe rouge. Selon elle, la coupe stricte accentuait encore le contraste avec ce que nous allions faire ensuite.
Nous étions seuls dans l’institut situé au cœur du quartier des affaires. Les stores baissés filtraient la lumière orangée du soir. Laure, ma collègue de bureau depuis six mois, avait proposé cette soirée après une discussion tardive autour d’un verre. Son rire clair résonnait encore quand elle avait sorti les produits de maquillage de sa mère.
— Ne bouge pas, murmura-t-elle en appliquant une couche épaisse de fond de teint.
Le pinceau effleurait ma mâchoire. Je sentais l’odeur sucrée du produit se mêler à celle du vernis à ongles qui traînait sur la console. Petit à petit, les traits masculins s’estompaient. Laure, concentrée, ajouta du blush puis un rouge à lèvres carmin. Le résultat était encore trop marqué, presque vulgaire, mais déjà excitant. Elle recula d’un pas et sourit.
— Ma mère arrive dans une vingtaine de minutes. Elle saura rendre ça parfait. En attendant, enlève tes chaussettes.
J’obéis sans hésiter. Mes jambes encore velues contrastaient avec le tissu élégant de la jupe. Laure disparut dans l’arrière-boutique et revint avec une paire de collants noirs opaques. Je les enfilai lentement devant elle, savourant la caresse du nylon qui glissait sur ma peau. Mon sexe réagissait déjà, tendu contre la dentelle du boxer que j’avais choisi ce matin en prévision.
La porte du salon s’ouvrit enfin. Hélène, quarante-deux ans, entra en portant une mallette de maquilleuse professionnelle. Elle portait elle-même un tailleur bleu marine impeccable, des escarpins à talons fins et des bas noirs dont la couture courait le long de ses mollets. Son regard se posa sur moi sans surprise, seulement une lueur amusée.
— Alors c’est toi le candidat ? Intéressant. Mais on va faire mieux que ça.
Elle ne perdit pas de temps. Après m’avoir observé sous toutes les coutures, elle me fit passer dans la cabine d’épilation. La cire chaude appliquée sur mes cuisses me fit serrer les dents, mais la sensation de douceur qui suivit compensa largement. Hélène travaillait avec précision, presque tendresse. Laure nous rejoignit, curieuse.
— Tu sais, à vingt-cinq ans, je n’aurais jamais cru que ma mère accepterait de transformer un collègue de bureau en femme le temps d’une soirée.
Hélène sourit sans lever les yeux de sa tâche.
— Tant qu’on vise la perfection, tout me va. Et visiblement, il aime ça.
Une fois mes jambes parfaitement lisses, nous retournâmes dans la salle principale. Hélène sortit sa palette complète. Sous ses doigts experts, ma barbe disparut, mes pommettes se dessinèrent, mes yeux prirent une profondeur féminine grâce au fard et au mascara. Laure observait, fascinée. Quand la perruque châtain aux boucles souples fut posée sur ma tête, le miroir me renvoya une inconnue élégante et sensuelle.
Mon cœur battait fort. Je sentais le shorty de dentelle rouge que j’avais glissé sous la jupe frotter contre mon érection grandissante. Hélène s’en aperçut. Elle effleura ma joue du revers de la main, exactement comme une mère attentionnée le ferait, sauf que son geste fit durcir davantage mon membre.
— Tu es magnifique. Et excitée, visiblement. C’est normal. Moi aussi, à ta place, je le serais.
Laure proposa de ranger mes vêtements masculins dans un sac. Elle découvrit alors la boîte de bas autofixants que j’avais apportée. Au lieu de se moquer, elle me tendit un flacon de lotion.
— Change de collants si tu veux. Et maman peut s’occuper du maillot si tu le désires vraiment.
Je hochai la tête, la gorge sèche. Hélène m’entraîna dans la petite cabine réservée aux soins intimes. La porte se referma sur nous. À quarante-deux ans, elle gardait une assurance et une sensualité qui me troublaient profondément. Je retirai jupe et shorty. Mon sexe tendu pointait vers elle sans aucune gêne désormais.
Elle épila avec soin, laissant seulement un petit triangle net au-dessus de mon pubis. La douleur fut vite oubliée quand elle passa une crème apaisante. Ses gestes étaient professionnels mais ses yeux brillaient d’une curiosité évidente. Quand elle eut terminé, je remis le shorty rouge et enfilai les bas noirs à plumetis que j’avais choisis. Le contraste entre la dentelle, le nylon et le tailleur strict était électrisant.
De retour dans la salle, Laure avait préparé une bouteille de champagne. Nous trinquâmes tous les trois. L’alcool aidant, la conversation glissa rapidement vers des confidences plus intimes. Hélène voulait savoir depuis quand je fantasmais sur le travestissement. Laure avoua qu’elle avait toujours rêvé de voir un homme se laisser totalement guider par des femmes.
Mon excitation devenait difficile à contenir. Hélène rangeait son matériel quand elle me surprit en train de caresser discrètement mon sexe à travers la jupe. Au lieu de s’offusquer, elle ferma la porte de la cabine derrière elle et me laissa seul face au miroir.
Je ne résistai pas longtemps. La femme que je voyais, avec ses bas, sa jupe remontée sur les cuisses, ses ongles vernis de rouge vif, me fascinait. Ma main glissa sous la dentelle. Les mouvements devinrent rapides, saccadés. Dans le reflet, je voyais mes seins factices se soulever au rythme de ma respiration. Les talons de mes escarpins claquaient légèrement sur le carrelage tandis que mes hanches bougeaient d’elles-mêmes.
Le plaisir monta brutalement. Je mordis ma lèvre pour étouffer un gémissement trop fort. L’orgasme me traversa comme une vague chaude. Mon sperme jaillit en plusieurs jets puissants sur le sol immaculé de la cabine. Je continuai à me caresser doucement jusqu’à la dernière goutte, les yeux rivés sur cette image féminine qui m’appartenait enfin complètement.
Quand je rouvris les yeux, Hélène était appuyée contre l’encadrement de la porte, un léger sourire aux lèvres. Laure se tenait juste derrière elle. Aucune des deux ne semblait choquée. Au contraire, elles paraissaient satisfaites du spectacle.
— La soirée ne fait que commencer, murmura Hélène en me tendant une lingette. Nous avons encore beaucoup à explorer toutes les trois.
Je repris mon souffle, le corps encore tremblant, déjà impatient de découvrir ce que ces deux femmes comptaient faire de ma nouvelle apparence une fois la nuit vraiment tombée sur la ville.